Sécurité routière : une révolution pacifique ?

Même si la plupart d’entre elles sont des bijoux de créativité, les pubs pour la sécurité routière m’étonnent toujours. En terme publicitaire, on est dans la thématique « grande cause ». Si cela ne me pose pas de problème a priori, en analysant ce qu’est aujourd’hui la sécurité routière, je dirais que ceux qui traitent ce sujet doivent faire un difficile – et périlleux – grand écart. On doit sauver des vie (ça c’est la partie prévention que personne ne peut remettre en cause) et faire accepter l’arsenal répressif mis en place pour faire appliquer la loi… et faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. En gros, si vous appliquez ce que préconise ma campagne, vous pouvez sauvez votre vie et celle des autres, et dans le cas contraire vous risquez l’accident et surtout l’amende.
Le deuxième point passe un peu moins bien auprès du grand public – qu’il convient d’appeler plus simplement les citoyens.
Cas de pub étrange chez FranceToner
Ce spot, je suppose que vous l’avez tous vu si vous trainez un peu sur BFM à un moment ou un autre de la journée (je ne l’ai pas aperçu sur une autre chaine pour le moment).
Je ne pense pas être quelqu’un de borné et sans aucun humour mais je reste perplexe, surtout quand j’imagine les créatifs et le DC (je ne sais pas quelle agence avait ce budget et je ne tiens pas vraiment à le savoir) présentant leur boulot au client : « Eh bien nous avons beaucoup travaillé et nous sommes arrivés à ce concept qui nous semble intéressant et qui consiste à mettre en scène des canards sur une piste d’aéroport, propulsés au décollage par des pets sonores et dont la trainée sera aux couleurs des toners que proposent votre marque. »
Pour avoir été dans le processus de création et de production d’un spot de pub, je sais à quel point une idée est soumise à de multiples critiques/analyses/retours/validations depuis le bureau des créatifs jusqu’aux responsables de l’agence et finalement chez le client. Toute cette chaine de prod’ permet en général de freiner les concepts un peu trop « barrés » pour être réellement efficaces.
Quand je regarde ce spot FranceToner avec une lueur d’incompréhension dans le regard, je me demande ce qui a cloché dans le processus : comment le DC et le client ont-il pu valider un scripte avec des canards qui pètent et laissent des trainées de gaz coloré ?
En tout cas, même si je reste mitigé sur le résultat, ce spot aura au moins eu le mérite de me faire pondre un article. Un bon point sans doute…
JDCM #7 : les 5 phrases à ne pas dire à un community manager
En fait, il s’agit plutôt des 5 phrases à ne plus dire à un community manager, ni à aucune personne travaillant dans un « service web » d’entreprise ou d’agence. Faites circuler l’info car on en a marre d’entendre ce genre de truc !
1. « En gros ton boulot c’est de passer ta journée sur Facebook ? » : En gros, en très très gros même ! Si on m’avait donné un euro à chaque fois que j’ai entendu ça, je serais actionnaire de Facebook au lieu de « passer mes journées dessus » !
2. « Tu peux nous faire partir un buzz rapidement s’il te plait ? » : Si tu es prêt à me laisser mettre des gamelles, des chatons, du cul ou Keenan Cahill dans la vidéo, c’est possible ! Comment ça tu vends de la lessive ?!
3. « Dis, le Wifi ne marche plus, tu peux voir ce qui se passe » : Il va falloir comprendre que les personnes qui travaillent dans le « web » et les personnes qui travaillent dans « l’informatique » ne sont pas les même. Un webmaster n’est pas un admin réseau, un community manager n’est pas un réparateur d’imprimante ni un régleur d’iPhone universel. Si le Wifi ne marche pas, pousser la porte du bureau du community manager, c’est comme demander à un dentiste de faire le boulot d’un ophtalmo !
4. « Ton histoire de campagne sur Facebook, tu es sûr que ça fait le poids face à nos encarts presse habituels ? » : Absolument pas… surtout si tes journaux ont plus de 600 millions de lecteurs !
5. « Salut les jeunes ! » : C’est le point de friction dans les entreprises où les équipes web sont généralement composées des plus jeunes de la boite. Et tout le monde sait qu’un jeune, ça ne peut pas prendre de grandes décisions ! On se retrouve donc avec des situations assez cocasses voir carrément connes de « racisme anti-jeunes » de la part des derniers dinosaures qui ne comprennent pas que la Génération Y est de loin la plus compétente pour comprendre les nouveaux enjeux de la communication.
Sur ce, je retourne bosser !

