Bonne opé street en Hongrie par DDB
Contre l’abstention pour les élections en Hongrie, l’agence DDB de Budapest a opté pour une campagne street sur le thème : l’abstention, c’est la politique de l’autruche alors plongez la tête dans le sable ou allez voter. Et de prendre le concept au pied de la lettre avec une camionnette qui circule dans les rues de la ville avec un homme, la tête enfoncée dans un tas de sable ! Ca parait simple, trop simple peut-être, mais ça marche : tout le monde en a parlé !
La maison Ikea arrive en France
Les Français vont pouvoir s’offrir des maisons 100% Ikea ! Ce concept d’habitation en kit s’appelle Boklok (« vivre malin » en suédois) et a été créé en 1996… en Suède bien entendu ! D’une conception ingénieuse qui permet un temps de montage très réduit, ce type de logement devrait séduire bon nombre de nos concitoyens « ikeaddicts ».
Côté tarif, la maison Ikea sera disponible à partir de 180.000 euros !
New Marseille Calvi : les coulisses d’un buzz réussi
J’en avais déjà parlé dans un article précédent mais j’y reviens pour apporter des précisions. Le buzz qui a eu lieu autour du projet New Marseille Calvi (un pont entre la Corse et le continent) a mis en avant la créativité de l’agence Publicis/Okarito et mérite qu’on s’attarde sur le déroulement d’une telle opération. Voici donc les différentes étapes qui ont permis à ce projet fictif de devenir en quelques jours un sujet polémique incontournable.
Etape 1 : l’amorce
Tout commence avec la fameuse vidéo de l’architecte québécois Alain Laperrière expliquant son projet fou. L’objectif est d’attirer l’attention sur ce sujet « énorme » en le rendant crédible. Cette vidéo, postée sur Youtube et Watt TV, est rapidement reprise par d’importants sites de buzz comme chauffeurdebuzz ou marseille.tv.
A la fin du clip, un lien renvoie au site d’Alain Laperrière (hébergé au Canada) qui renvoie à son tour à son profil Facebook.
Le projet New Marseille Calvi commence à faire parler de lui sur plusieurs blogs ainsi que sur Twitter.
Une seconde vidéo est rapidement mise en ligne, proposant cette fois de nombreuses images du futur pont. Et afin de donner un maximum de crédibilité au projet, une fiche Wikipédia est rédigée et mise à la disposition des internautes.
Etape 2 : la polémique
Juste après l’amorce, une groupe d’opposants est créé sur Facebook et piloté par l’agence : « 50.000 personnes contre un pont vers la Corse ». Il renvoie vers un blog d’opposition au projet créé pour l’occasion.
La polémique enfle et commence à intéresser la presse en ligne. Plusieurs articles sont publiés sur lepost.fr, corsematin.com, starwizz.com, econostrum.info, etc. Ces articles sont rédigés à partir des vidéos, du site de l’architecte, du profil Facebook des opposants et du blog des opposants.
Le projet divise les « pour » et les « contre » sur Facebook, Twitter, le blogs des opposants, les commentaires de articles, etc.
Etape 3 : pression maximale
Le coup de maître de l’agence est là : un article est publié sur marsactu.fr qui annonce avoir interviewé l’architecte Alain Laperrière. Le titre a de quoi effacer les doutes des plus sceptiques : « L’homme qui veut construire un pont entre Marseille et la Corse existe, nous lui avons même parlé ». Pour sécuriser l’opération au maximum, une ligne de téléphone mobile a été ouverte auprès d’un opérateur canadien.
Un second article est publié sur lepost.fr, également à partir d’une interview de l’architecte.
Seul le jjd.fr reste sceptique quant au projet mais son article renforce la rumeur.
Ces diverses publications alimentent le buzz : près de 60 blogs et journaux en ligne parlent du projet qui occupe de fait les 6 premières pages de réponses sur Google pour la requête « pont Marseille Calvi ». L’internet corse reprend l’affaire et même le blog des supporters de l’OM aborde le sujet !
La vidéo compte plus de 10.000 vues et le groupe Facebook près de 500 personnes (parmi lesquels des sympathisants de la SNCM, compagnie concurrente). L’opposition au pont devient très virulente !
Etape 4 : la révélation
La dernière étape du buzz a lieu 15 jours après la publication de la première vidéo. Un nouveau clip est posté sur Youtube et Watt TV : « Mieux qu’un pont, La Méridionale ! »
Le blog des opposants est ré-habillé aux couleurs de La Méridionale et devient traverseemarseillecorse.com, blog officiel de la compagnie. Enfin, les blogueurs et journalistes qui avaient parlé du projet sont contactés.
Bilan de cette opération : une réussite. Moi qui suis basé à Marseille, j’en ai même entendu parler dans la rue de cette histoire de pont ! Si on analyse un peu le déroulement de l’opération, on note que l’agence a particulièrement bien joué sur l’opposition factice à ce projet… tout aussi factice ! Les « contre » ont finalement été les meilleurs alibis de crédibilité du New Marseille Calvi – bien plus que l’architecte lui-même. Un point à prendre en compte pour ceux qui souhaiteraient mener ce genre de campagne !
Je tiens à remercier l’équipe d’Okarito pour les informations qui m’ont permis de rédiger cet article et leur souhaite de nombreuses opé réussies comme celle-ci.
Campagne « Reporters sans frontières » par Saatchi & Saatchi
Cette belle campagne pour Reporters sans frontières est sortie de chez Saatchi & Saatchi Paris. L’idée générale rappelle un peu la campagne Amnesty International de 2008 mais en cette période pour le moins « tendue » pour la presse, et le journalisme en général, ce genre de message fait du bien.



Hommage à « Siné Hebdo »
Un journal qui s’éteint est toujours une sale nouvelle, mais la fin de celui-ci me choque un peu plus. Siné Hebdo, c’était un peu le dernier rempart – avec l’émission télé de Groland – de l’impertinence héritée des années Hara-Kiri. C’était aussi une liberté de ton qu’on ne trouve plus nulle part. Bref, c’est bien triste !
Si ça me touche personnellement, c’est parce que Siné est l’une des toutes premières personnalités que j’ai interviewé lorsque j’étais un journaliste fraîchement diplômé. A ce moment-là, j’avais encore de belles illusions sur la profession et j’avais décidé de lancer un web-fanzine consacré au monde de la presse et aux galères que rencontrent les aspirants Prix Pulizer. Alors que plusieurs « journalistes reconnus » m’avaient envoyé balader, Siné a accepté sans discussion de me répondre. J’ai passé plus d’une heure au téléphone avec lui et j’en garde un excellent souvenir. Je ne résiste pas à l’envie de vous proposer un court extrait de cet entretien durant lequel il évoque les débuts de sa carrière de journaliste satirique.
Ca remonte assez loin. Je suis dessinateur avant d’être rédacteur. Disons qu’après un début de carrière consacré à écorcher les curés et les militaires dans divers journaux, je me suis attaqué à la politique en 1958, lors du retour de De Gaulle. Nous étions alors en pleine guerre d’Algérie et j’étais bien entendu opposé à ce massacre et anticolonialiste convaincu. Mes dessins étaient donc presque tous consacrés à ce conflit et ils étaient pour le moins impertinents. A l’époque, je travaillais pour l’Express et la censure tombait souvent de la part de mes supérieurs. On me disait que mes dessins étaient trop violents, trop irrévérencieux, et je devais les retoucher pour les rendre acceptables aux yeux des lecteurs. En 1962, à la fin de la guerre d’Algérie, j’ai démissionné de l’Express. Pour ne plus avoir à subir la censure d’une équipe de rédaction, j’ai créé mon propre journal, Siné Massacre. Il y a eu neuf numéros qui ont tous été suivis d’un procès ! J’ai été accusé d’insulte à l’armée, au chef de l’Etat, à la police et d’outrage aux moeurs. Cette dernière accusation m’a conduit à ne plus pouvoir être directeur de la publication d’un journal. En 1968, lors des fameux “événements”, j’ai créé l’Enragé, un journal de gauche assez radical. Nous avons fait treize numéros puis la ferveur du mouvement étant retombée, l’Enragé s’est arrêté. Plus tard, j’ai fait un court passage par la télévision avec Michel Polac dans l’émission Droit de Réponse avant de réintégrer Charlie Hebdo dans sa nouvelle formule.
J’avais terminé en lui demandant quel conseil il souhaitait donner aux jeunes journalistes débutant dans le métier.
Demandé comme ça, je leur conseillerais d’abord de choisir un autre boulot ! (rires)
Plus sérieusement, je pense que la presse telle que nous la connaissons actuellement est foutue. Il faudra que les jeunes inventent un nouveau truc. L’Internet doit pouvoir apporter des choses, dont un nouveau mode de diffusion. En tout cas il faut continuer à s’attaquer au système et à emmerder le monde !
J’espère justement que Siné ne va pas s’arrêter d’emmerder le monde et que Siné Hebdo trouvera un second souffle sur le net. D’ailleurs, si il cherche un community manager, je suis complètement opérationnel pour une mission de ce genre !
En attendant, je garde toujours précieusement le mot que m’avait adressé l’artiste à la suite de cette interview. En attendant le Prix Pulizer… ou un Lion !
