Management : l’épreuve du choix

J’ai la chance de partager ma vie avec une femme formidable qui, entre autres qualités, est une véritable dénicheuse de bonnes infos et de bons articles, bref, une pro de la veille. Il y a quelques semaines (quelques mois en fait…), elle m’a transmis un article très intéressant de la Harvard Business Review intitulé Does money really affect motivation? (Est-ce que l’argent affecte vraiment la motivation ?).
Ce que cet article nous apprend – je vous invite à le lire si vous comprenez un peu l’anglais – est intéressant non seulement en ce qui concerne la question soulevée par son tire (le rapport motivation/argent) mais également dans sa conclusion qui fait apparaitre comme la cause principale de démotivation des équipes dans les entreprises : les managers incompétents.
Bien évidemment, l’incompétence – comme le talent – n’est pas analysable de façon objective. Cependant, le sujet m’intéressant depuis longtemps, je demande fréquemment à des personnes que je rencontre (de différents milieux et travaillant dans des secteurs très variés) de me donner le trait de caractère qui signe selon elles un problème de compétence chez un manager. Dans la très grande majorité des cas, la réponse que j’entends est celle-ci : l’incapacité à faire des choix.

Décider, voilà bien la compétence que l’on est en droit d’attendre d’un manager. Pourtant, parmi les frustrations vécues par les équipes, il semblerait que l’absence de choix affirmés par les managers soit l’une des plus fréquentes. Si vous êtes déjà sortis exaspérés d’une réunion d’équipe car après deux heures de discussion et d’échange aucune décision n’avait été prise, vous savez de quoi je parle.

Non, l’entreprise n’est pas une démocratie !

Ce n’est pas choquant, c’est une réalité : l’entreprise n’est pas une démocratie. Si tel était le cas, la hiérarchie n’aurait aucun intérêt. Il est évident que cet argument ne sous-entend pas que l’entreprise doit être gérée de façon tyrannique et que les managers ne doivent pas tenir compte des attentes et avis de leurs collaborateurs. Mais il appartient au manager, et à lui seul, de prendre la responsabilité du choix final et de donner la ligne directrice suivie pas toute l’équipe.

Voici un exemple tiré de mon expérience personnelle : la création du site web d’une entité publique.
Tout avait bien commencé : un brief complet rédigé par le responsable du service web et nouvelles technologies, une webdesigneuse de talent recrutée spécialement pour l’occasion, un développeur compétent pour coder le tout et le reste de la team web pour rédiger des contenus de qualité. Seulement, au lieu de valider simplement et rapidement le design et la reco de l’équipe web en charge du projet, la direction de la communication à eu l’idée saugrenue de « demander l’avis de l’ensemble de l’équipe » (soit plus de 100 personnes).
C’est à ce moment-là que les problèmes ont commencé car peut-être que vous l’ignorez mais quand on demande leur avis à des gens… eh bien ils le donnent ! Nous (l’équipe web) avons donc eu des retours sur les couleurs, les formes, les polices de caractères, etc. Bref, tout notre boulot remis en cause car un manager n’a pas été capable de prendre une simple décision de manager.
Résultat : plusieurs semaines de retard, une hiérarchie agacée, un gros sentiment de frustration dans l’équipe, et donc une ambiance plombée au sein du service.

A mes yeux, un manager n’a pas le droit de se défausser et dire : « Je ne sais pas, je vous laisse choisir. » Cela pour une raison très concrète : un choix implique des responsabilités que seul le manager doit assumer. Si le N-1 prend la décision – et donc la responsabilité qui l’accompagne – pourquoi ne prendrait-il pas purement et simplement le poste, les avantages et le salaire de son manager dont il assume la fonction de décideur ?

L’intérêt à apporter des réponses claires aux problématiques rencontrées par ses équipe ? Gagner du temps, l’une des ressources les plus précieuses en entreprise !

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