JDCM #11 : Les 10 profils insupportables sur Facebook

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Rions un peu avec ce qui a tendance à nous énerver sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Facebook : nos amis ! Qui n’a jamais parcouru son newsfeed en se demandant – en découvrant des publications bizarres voire suspectes – pourquoi certaines personnes étaient dans sa liste d’amis ?
Parfois, ce sont les faits-divers comme l’affaire du bijoutier de Nice qui permettent de mettre en avant l’état d’esprit de certains « amis » et d’entamer une difficile mais nécessaire purge dans ses relations numériques. Ne soyez pas offusqués : un profil sur les réseaux sociaux exige régulièrement un peu de ménage. Pour ma part j’accomplis ce travail tous les ans avec plusieurs objectifs : éliminer les profils inactifs/bots/promotionnels et les contacts de complaisance (vieilles connaissances sans intérêts communs ni rapport IRL) pour gagner en lisibilité sur mon newsfeed, faire le ménage dans les pages et groupes que je suis pour la même raison, et enfin – le plus important – traquer et éliminer de ma liste les « insupportables ».

Et là, vous allez me demander : « Qui sont les insupportables ? » En discutant avec quelques amis et professionnels du web, j’ai établi une liste de ces profils-types que l’on rencontre fréquemment sur Facebook, qui polluent votre newsfeed et qu’il est nécessaire de retirer de toute urgence de vos contacts :

1. Le littératurien

Pas le littéraire qui lit des livres, ne confondez pas !
Le littératurien est un type particulier de pollueur de newsfeed qui ne peut s’empêcher de partager avec tous ses amis les traits d’esprit trouvés en naviguant sur Evene. Roi de la citation et du lieu commun en guise de statut, il lui arrive aussi de laisser à la postérité numérique des créations graphiques censées mettre en valeur quelques phrases tirées des œuvres complètes de M Pokora. Manque de chance, le littératurien est en général fâché avec les participes passés.
Si son niveau de nuisance est finalement assez bas, mieux vaut vous désabonner discrètement de ses publications au risque, un jour, de vous surprendre à liker une de ses images présentant une citation de Marc Levy sur fond rose et entourée d’étoiles…

2. Le « bogoss atitud »

Des photos, des photos, toujours des photos ! Il s’aime et le montre en publiant de nombreux clichés flous pris dans le miroir de sa salle de bain avec son smartphone où il prend la pose en marcel moulant (d’un goût exquis) ou carrément torse nu pour afficher les résultats de sa séance de développé couché. Ayant visiblement troqué son emploi du temps de lycée et d’université au profit de son abonnement « à la salle », il accompagne ses sefies de commentaires de qualité en français courant d’arrêt de bus : 3 heur de spor cer le boneur !
Niveau de nuisance finalement assez faible, mais sa présence dans votre liste d’amis devrait vous faire douter de la qualité de votre cercle relationnel, surtout si plusieurs autres « bogoss » s’y trouvent. S’il ne s’agit que d’une vague connaissance, faites le vide !

3. Le « Allô maman ici bébé »

« Les enfants sont formidables ! » disait l’ami Jacques lors de son rendez-vous télévisuel dominical. Mais ça, c’était avant l’arrivée de Facebook et Instagram. Maintenant, les réseaux sociaux ont envahi notre vie et avec eux les heureux parents, toujours prompts à nous laisser entrevoir leur quotidien de couches, de pleurs et de renvois lactés. Entre les photos mal cadrées du bambin dans une pose ridicule et auxquelles des intellectuels de bas étages croiront bon de commenter « tro bo goss ton pti mec », ou le descriptif détaillé des désordres gastriques de la petite famille (exemple : « Lorenzo est malade ce matin, grosse diarrhée dans sa couche ! Moi, je commence a avoir des fourmis dans le ventre et mon mari a rendu son 4 heures ! Gastro familiale en perspective : trop pas cool ! »), les jeunes parents blaireaux sont une plaie sur les réseaux sociaux.
Néanmoins, leur niveau de nuisance est à évaluer en fonction de la fréquence et de la teneur des posts. Je vous laisse juger de la pertinence de découvrir le contenu d’une couche de bébé à chaque connexion sur le réseau… Par ailleurs, étant à moins d’un mois de l’arrivée de mon fils, je vous encourage à m’insulter copieusement s’il me venait à l’esprit de rejoindre cette catégorie de nuisibles numériques !

4. La cagole

C’est en général la compagne du « bogoss atitud ». Elle admire Paris Hilton et Nabilla, et rêve sa vie en rose bonbon (avec une petite odeur de simili-cuir dans le fond). Longtemps marginalisée, elle a repris du poil de la bête depuis que les réseaux sociaux, la télé-réalité et le NRJ12 spirit lui ont fait croire qu’en plus de vendeuse chez Zara le jour et gogo-danseuse la nuit, elle pouvait devenir une star. Elle s’accroche donc à cet objectif de célébrité en faisant profiter le web de ses autoportraits où elle arbore bien évidemment l’inévitable duckface sur son visage trop maquillé. Déprimante de débilité profonde, la cagole est en quelque sorte le témoignage d’une époque où la connerie n’est plus une honte mais un déclencheur d’intérêt, de « buzz », bref de quoi vous faire regretter d’avoir lu des livres et fait plusieurs années d’études pour finir en CDD et au SMIC…
A tous les niveaux, la cagole est nuisible sur le web comme IRL. Faites donc acte de civisme : éliminez !

5. Le hipster

Très actif sur Instagram, le hipster peut aussi venir mazouter votre newsfeed Facebook avec son parisianisme en espadrilles sur fond d’électro à l’haleine vomiteuse. Représentant l’exact opposé de l’underground et de l’authentique, le hispter a pour habitude de souiller tout ce qu’il touche en le transformant en mode pour petits bourgeois débiles : la musique électronique, les sneakers, le retro-gaming, le street art, la photo argentique, etc. Dans ses posts naïfs et filtrés en mode sépia, il exposera ses visites chez Colette, ses soirées « avec Busy P aux platines » ou encore ses dernières Nike collectors à 500$ ramenées de L.A. par son papa. Oui, le hipster est une personne que Gandhi aurait pu gifler !
Son niveau de nuisance dépend sa fréquence de post. Au dessus de 5 selfies par jour, envoyez-lui un message contenant le morceau Hipster de Funky Belek puis retirez-le de votre liste. Vous me remercierez !

6. Le vegan

Le vegan pourrait également se faire appeler le « 30 millions d’amis ». Vous mangez de la viande ? A ses yeux, vous êtes un criminel à la limite du nazi. Alors n’allez pas lui raconter que vous êtes allé voir une corrida lors de vos dernières vacances en Andalousie, il serait bien capable de venir organiser une manifestation devant votre porte. Le problème du vegan tel que je le subis parfois sur Facebook n’est pas qu’il soit végétarien mais qu’il en veuille à ceux qui ne le sont pas. Ce genre de « taliban de l’assiette » profite généralement des fêtes de fin d’année pour pourrir votre newsfeed au sujet du gavage des oies pour le foie gras, des dindes qui souffrent (certaines rumeurs veulent qu’elles soient plumées vivantes) mais aussi de toutes ces pauvres huitres dévorées par de vulgaires personnes qui ont le toupet d’être heureuses de vivre !
Niveau de nuisance élevé car horripilant au possible. Moins vous compterez de vegan dans votre liste d’amis, mieux vous vous porterez !

7. Le Nelson Monfort

Yes it is ! Le Nelson Monfort a une passion pour la langue de Shakespeare qu’il se sent obligé de partager avec le plus grand nombre. Parlant parfaitement l’anglais de 4èmeB, il dispose d’un vaste réseau amical qui l’oblige a traduire une bonne partie de ses publications just for his american friends. Trop calé en english slang, il aime à faire des private joke à ses amis restés à Sydney, New-York ou London et travaillant of course dans une chouette advertising agency. Bref, chacun de ses posts est une petite invitation au voyage… NOT !
Niveau de nuisance assez faible. Faites la part de chose et évaluez l’intérêt de cet « ami » avant de décider de le garder dans votre liste.

8. Le cultureux

Voilà sans doute celui que je connais le mieux : un effet collatéral de quelques années à « culturer » gaiement à Marseille !
Le cultureux est la version adulte du hippie en fringues indiennes adepte des ateliers théâtre, qui envahissait la cour du lycée avec des effluves de patchouli et de transpiration quand vous aviez 15 ans. Retrouvé sur Facebook où il s’est inscrit après son Bac L, sa 1ère année en LEA et finalement quelques années aux Beaux Arts, ses posts ressemblent aux chroniques cérébro-masturbatoires de Télérama et ses photos sont toujours l’occasion pour lui d’étaler sa culture dans les domaines ô combien indispensables de la danse contemporaine danoise ou le cinéma maudit des Balkans. Grand pratiquant du « racisme de gauche » (la classe qui sait méprisant la plèbe des ignorants), le cultureux agit surtout par frustration : comme Claude Dubois, il aurait voulu être un artiste… Pas de chance !
Le niveau de nuisance du cultureux ne dépend que de vous et de votre résistance au fait de vous faire régulièrement traiter d’inculte par ce dernier. Mais bon, vous l’aurez bien cherché : il vous avait bien dit qu’elle était immanquable cette exposition de peinture sur huitre…

9. Le « Confessions Intimes »

Je l’appelle aussi le « Vertige du bas ». De tous les insupportables, voilà assurément le plus inoffensif. Mais ce n’est pas une raison pour vous laisser attendrir car le « Confession Intime » est un vrai nuisible. Même si ce n’est pas toujours de sa faute, sa vie semble sortie de VDM. Véritable poissard numérique, il partage quotidiennement ses malheurs sur les réseaux à base de statuts du type « Départ pour le taff, deux pneus crevés, la lose… », « Encore une journée pourrie, la semaine me parait bien longue », ou encore des réflexions bien senties sur sa traversée du désert sentimental dans le genre « Toutes les filles me trouvent sympa, mignon et attachant, puis elle ajoutent systématiquement un ‘mais’ à la fin de la conversation ».
Son niveau de nuisance dépend de la fréquence de ses posts et de votre capacité à subir le côté déprimant de ses petites histoires. Si vous ne vous sentez pas le courage d’être l’oreille attentive qu’il attend, ni de lui remonter le moral en commentant ses publications, mieux vaut l’éliminer de votre liste d’amis.

10. Le facho malgré lui

Vous le connaissez tous : ce petit gars qui s’énerve juste après un fait-divers, balance quelques traits d’esprit sur la peine de mort et le « c’était mieux avant » (qui ne serait pas risible s’il avait plus de 30 ans), puis revient vite à ses occupations quotidiennes que sont le tuning et la cigarette électronique. Il parle un langage codé dans lequel « Français » veut dire « blanc » et « ces gens-là » désigne tour à tour les Roms, les Musulmans, les Arabes, les Juifs, les Chinois, les Polonais, etc. Sa croisade numérique pour défendre les Français a malheureusement le français pour première victime… la faute à l’école et aux prof communistes sans doute.
Généralement énervé et énervant, mieux vaut le virer sans sommation de sa liste d’ami pour éviter les confrontations stériles et les discussions interminables. Car comme le disait ce célèbre proverbe paysan : « le porc, c’est bon quand c’est mort, mais quand c’est vivant ça fait du boucan ! »

Vous avez d’autres profils « insupportables » à proposer ? N’hésitez pas à m’en faire profiter en commentaire !

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