Marseille se met à la culture « street »

This is (not) music

Associer Marseille à la street culture n’est pas très compliqué pour qui connait un peu la ville, son passif, ses activistes underground, son folklore urbain, etc. Pourtant, mêler programmation culturelle d’excellence – dans le cadre de Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la culture – et culture urbaine, street-art, glisse, hip-hop, électro (bref des trucs pour les jeunes qui aiment le son qui fait « poum-tchak ») n’est pas chose aisée, même dans une ville aussi rebelle que la cité phocéenne.

Vous le savez, j’en ai déjà fait état ici : je connais bien le sujet car j’étais community manager de Marseille-Provence 2013. Je dis bien « j’étais » car ce n’est plus le cas depuis quelques semaines. Je ne suis pas revenu sur mon départ sur ce blog car il n’y avait pas grand chose à commenter. J’ai juste quitté cette sympathique aventure pour en rejoindre une nouvelle dont je parlerai bientôt ici-même !

Aujourd’hui, la programmation de Marseille-Provence 2013 entre dans sa phase printanière et lancera demain le festival This Is (not) Music dédié aux « cultures urbaines ». Au programme : 60 concerts et soirées, 20 événements sportifs, une exposition d’art contemporain sur plus de 2500 m2, 300 artistes et sportifs invités.

Voici la vidéo de présentation de l’événement réalisée par La Konfiserie :

Ce festival promet d’être vraiment sympa et d’une grande qualité. Pourtant, c’est dans la programmation street culture que se concentrent les seuls regrets de mon expérience au sein de Marseille-Provence 2013. En oubliant en partie le devoir de réserve que je m’impose et qui consiste à ne pas évoquer mes anciens clients ou employeurs, je dirai simplement qu’il y a une cruelle absence dans cette programmation : celle d’IAM, le groupe de rap emblématique de Marseille.
Comment peut-on comprendre que Marseille (et un large territoire dans les Bouches-du-Rhône) soit capitale européenne de la culture pour toute une année, que les « cultures urbaines » – ainsi appelées – soient représentées dans un grand festival et que l’un des plus grands groupes de rap français, justement né dans cette ville, soit absent du programme ? Pour beaucoup de gens, c’est juste une folie, une pure hérésie !
Loin de moi l’idée de critiquer telle ou telle décision politico-culturelle, pas question que j’entre dans ce type de débat. Je ne donnerai qu’un avis basé sur les différentes réactions que j’ai pu entendre : j’espère vraiment que Marseille finira par se réconcilier avec ses propres enfants et que la « Cité du hip-hop » réclamée par IAM sera un jour mise en chantier. Même si ses représentants actuels préfèrent l’évoquer en parlant de la sardine, du savon et de Pagnol, il faudra qu’ils finissent par comprendre que malgré leur aversion pour ce qu’ils appellent les « sous-cultures », Marseille est une ville imprégnée par le rap, la culture populaire et underground, et que l’argot marseillais de papy a été définitivement balayé par le langage international de la rue ! Je ne commente pas, je donne simplement un état des lieux. On peut penser que c’est regrettable, triste, abject, etc. Mais aucun commentaire n’effacera la nécessité d’ouvrir les yeux et de voir la réalité en face.

Donc, en prime, le dernier clip d’IAM :

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