Le « bug » Facebook ou la crise de confiance des internautes

Hier soir, le web était en ébullition. La raison ? L’annonce d’un bug sur Facebook qui afficherait sur la Timeline les messages privés (se trouvant initialement dans la boite de réception) échangés avec ses amis avant 2009/2010. Immédiatement, le #BugFacebook devient le sujet de conversation de la fin de journée et de la soirée ; des screenshots sont publiés sur Twitter pour prouver que oui, il y a bel et bien un problème ; les internautes se précipitent sur leur profils pour modifier leurs paramètres de confidentialité ; d’autres en profitent pour aller observer les profils des autres et traquer quelques messages oubliés ; les médias tentent de joindre la direction de Facebook France qui finira par répondre « qu’il n’y a aucun problème ».

De là, la tendance s’inverse sur le réseaux : on se met à crier à la paranoïa générale !

Le bug Facebook a-t-il eu lieu ou non ? Plusieurs arguments laissent penser qu’il y a bien eu un problème avec les publications des amis sur la Timeline. Pour beaucoup d’internautes – dont moi – qui se sont précipités sur leur profil pour vérifier que les publications d’amis étaient bien inaccessibles et protégées par leurs paramètres de confidentialité, ce petit voyage dans leur passé numérique a été l’occasion de déterrer d’anciennes publications faisant parfois « tâche » dans leur histoire numérique. En faisant ce travail, j’ai pris conscience de la place qu’occupe Facebook dans mon quotidien depuis 2007 (presque 6 ans) et des différentes évolutions de mon utilisation de ce réseau social. J’ai profité de la balade dans les profondeurs de ma Timeline pour faire un grand ménage dans mes publications. Et je n’ai pas été le seul !

Et tandis que nous étions en train de laisser aller nos interrogations sur nos profils, l’action Facebook plongeait de 9% à Wall Street. Mais le plus grave n’était ni dans le bug ni dans la chute de la côte…

Vrai ou faux, le bug a mis à jour le manque de confiance dont bénéficie Facebook

La question qui est sur toutes les lèvres aujourd’hui est de savoir si le bug est une réalité ou s’il n’est qu’une simple rumeur transformée en information et en panique par une communauté d’internautes trop portée sur la théorie du complot.

Je ne m’amuserai pas à tenter de répondre à cette question !

Ce qui m’intéresse en revanche, c’est la crise de confiance que traverse Facebook et que ce bug supposé a mis en avant. Lorsqu’un hoax est lancé sur le web, son potentiel de nuisance est assez limité car les internautes sont de moins en moins crédules et savent distinguer le probable, le plausible et l’impossible. Lorsqu’une chaine de mail a annoncé que les emails allaient devenir payants via un « timbre numérique », nous avons tous bien rigolé. Quand Facebook s’est retrouvé au milieu des hoax avec son soi-disant passage au « profil payant », personne de sérieux n’a accordé le moindre crédit à la rumeur.
Ce qui s’est passé hier est tout à fait particulier : vrai bug ou faux bug, le fait que Facebook sacrifie notre vie privée pour une nouvelle fonctionnalité nous a semblé assez plausible pour que l’information soit diffusée et que même les personnes les plus expertes dans le domaine du social media se penchent sur l’affaire (et sur la sécurité de leur propre profil). Paranoïa collective ou au contraire lucidité générale ?

Je pense que cet incident va avoir des suites importantes. Nous avons vu le résultat sur les cours de l’action Facebook. Il faudra quelques semaines pour savoir quelles seront les répercutions de l’affaire sur les usages du premier réseau social du monde et si la paranoïa ne se transformera pas en prudence… ou en fuite générale !

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