Harcèlement sur Facebook… à qui la faute ?

Je suis tombé sur un article (qui contenait cette vidéo) – sur le blog Identité Numérique – et cela m’a donné matière à réflexion sur ces histoires récurrentes de harcèlement sur Facebook.

Avant toute chose, je voudrais éclaircir les termes : nous parlons de harcèlement « via Facebook ». Dans ce cas – et tous les cas recensés dont certains sont décrits dans le reportage – le réseau social n’est que l’outil technique reliant le harceleur au harcelé. Cette précision est justement ce qui manque dans le sujet de M6 et dans le discours moralisateur de l’homme en bleu : l’outil technique est neutre.
L’outil – Facebook, Twitter, etc. – étant neutre, on peut en toute logique le retirer du banc des accusés dans ces affaires de harcèlement. Je sens un mouvement de protestation mais je vais aller jusqu’au bout : Facebook est aussi innocent dans cette histoire que France Télécom ou Free dans les affaires de harcèlement téléphonique. Je vais le répéter pour que tout le monde comprenne : l’outil technique est neutre !

Cela étant établi, une question se pose : à qui la faute ?

Si vous regardez le reportage, vous verrez l’exemple de ce père dont le fils souffre d’une maladie rare. Le sujet traite des attaques qui ont été subies par celui-ci et qui sont condamnables au moins sur le plan moral. Néanmoins – et sans excuser les personnes qui ont posté des messages insultant à l’égard de cet enfant – je me permets une petite interrogation : quel est l’intérêt pour un père de poster sur un réseau social des photos de son fils souffrant de leucodystrophie, couché dans son lit médicalisé ? Une autre façon de formuler cette question, un peu plus brutale – je m’en excuse – serait de demander : qu’est-ce qui a poussé ce père à tant d’impudeur ?

Car la véritable raison de ces affaires de harcèlement est là : l’impudeur. Qu’est-ce qui poussent tant de personnes à s’exhiber ainsi sur le web ?

A première vue, les pouvoirs publics ne se posent pas ces questions, trop occupés qu’ils sont à dresser la liste des chefs d’accusation avec lesquels ils entendent bien mener le procès en sorcellerie d’Internet.

Notre pays a décidément un grave problème avec le web. Internet est pointé du doigt comme étant responsable de tous les maux de la planète et comme un « outil » qu’il faut réguler, limiter et contrôler. A la politique de la peur et à ceux qui la diffuse, je répondrais que leur première erreur est de considérer Internet comme un outil. Les sites sont des outils, mais Internet est un lieu – virtuel, certes, mais un lieu – dans lequel on peut se rendre avec de bonnes comme de mauvaises intentions, en étant éduqué ou en ne l’étant pas. Vous viendrait-il à l’idée de vous rendre dans une grande ville complètement nu ? Ou d’arriver saoul à votre bureau pour une importante réunion ? Je suppose que non, car vous connaissez certaines limites et vous savez que fréquenter un lieu ouvert au public vous soumet à des règles non écrites (à l’inverse des lois rédigée à la hâte par quelques politiciens obtus) transmises a minima par vos parents et enseignants : l’éducation et la bienséance.
Le jour où Internet aura retrouvé sa qualification de « lieu ouvert au public » et que la notion de « virtuel » sera passée au second plan, l’éducation de la population à son usage pourra véritablement commencer et l’intelligence – dont la pudeur et la réserve font partie – retrouvera sa place dans les réseaux sociaux comme Facebook.

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