JDCM #2 : Animateur de communauté ? Non, community manager !

Je vais aborder un sujet légèrement extérieur à la profession de community manager mais qui intéresse bon nombre d’entre nous en France : l’intitulé français de notre métier. Ca a commencé l’année dernière sur Twitter, une sorte d’obsession soudaine : il fallait trouver une traduction au terme community manager. On a eu droit à tout : gestionnaire de communauté, animateur de communauté, médiateur de conversation (au Québec), etc. Personne n’en avait besoin mais c’était devenu une idée fixe, il fallait que le community manager, cette belle profession émergente, dispose de son appellation française. Même lorsque j’ai signé mon contrat ou avec ma banque pour un dossier ou même avec certains de mes clients, j’ai dû donner du « animateur de communauté » parce que la francophonie, et tout et tout…

Il va falloir être clair : dans le domaine du web, la francophonie, c’est de la merde !

Le français est une langue magnifique, je ne remets pas ça en doute, mais l’idolâtrer comme nous le faisons nous entraine dans une voie de garage. Pendant que le monde de la com’ était en pleine théorisation du community management, le web français en était à se demander comment traduire ce terme. Du grand n’importe quoi !
Même si cela choque certains défenseurs du si merveilleux français, il n’y a qu’une seule et unique langue dominante en matière de communication en général et de com’ digitale en particulier : l’anglais. J’irais même plus loin, l’anglais est devenu une langue universelle, celle qu’on utilise pour uniformiser tous nos contacts internationaux. Mais pendant que le monde change et se met à parler d’une même voix, le vieux pays du vieux continent se croit encore obligé de traduire « the » dans un spot télé pour du camembert – parce que « the camembert », c’est un peu compliqué à comprendre sans sous-titres…

Alors pour justifier tout cela, on nous parle de « préservation de la culture ». Bullshit ! On freine des deux pieds pour ne pas voir l’immobilisme de notre pays en matière d’apprentissage des langues étrangères. Soyons francs : la plupart des Français qui ont appris l’anglais à l’école le parlent comme des chèvres ! Nous avons sans doute l’une des plus mauvaises politiques d’Europe en matière d’enseignement de l’anglais. Donc, si je peux me permettre une remarque : au lieu de nous prendre pour des cadors en blablatant sur Twitter au sujet de la version française du community manager, nous ferions mieux de nous mettre au diapason vis à vis des nouveaux enjeux d’Internet. Regarder vers l’avenir est souvent plus productif que de s’hypnotiser en fixant son nombril !

Pour résumer : non, je ne suis pas « animateur de communauté », je suis community manager… Got a problem ?

  1. Salut Nicolas,
    bravo pour ce blog, mais je tiens à te dire que ce post est particulièrement faux. L’anglais est une langue très importante et la langue la plus parlé dans les affaires.
    Cependant, quand on est en France, on parle français, et il n’y rien de plus ridicule que ces mélanges d’anglais qui au contraire montre que la langue française ne sait pas se réinventer.
    Les Québecois font évoluer la langue français et créent des mots intéressants (courriel) pendant que les français ne savent que reprendre bêtement des termes anglais car ça fait plus classe et internationale.
    Ton argument liant cela au faible niveau des français en anglais est juste… mais dans l’autre sens!! Je crois justement que ceux qui mélange l’anglais dans leur phrase c’est justement pour se persuader qu’il parle cette langue alors que dans les faits ils sont mauvais.
    La preuve, les pays les meilleurs en anglais comme au Québec ou en Scandinavie que je connais un peu ce sont ceux qui le bannissent de leurs langues…
    Au contraire prends l’exemple de la langue italienne, qui se bourre d’anglais de partout, ils ne sont pas meilleures dans la langue… et la langue de Dante est bien ridicule et perd beaucoup de son charme…

    Bref tout ça pour dire que l’utilisation de termes anglais par les étrangers (français, italiens) permet surtout de faire passer des concepts creux.
    La défense de la culture et de l’exception culturel française (et des autres cultures bien sur) passe par langue.

    Et toi petit Frenchy, tu n’auras aucune valeur à l ‘étranger si ta langue maternelle n’en a pas.

    Bref, comprend bien ça avant de cracher sur ceux qui veulent traduire les mots anglophones, les enjeux globales sont bien plus importants qu’un simple mot…

  2. Salut Elie,
    Merci pour ton commentaire et tes arguments qui sont intéressants et vont me permettre de clarifier mon propos.
    Je ne veux surtout pas laisser planer l’idée selon laquelle je dénigrerais notre belle langue française car ce n’est pas le cas. J’ai écrit cet article sur un sujet précis qui était la recherche acharnée d’une traduction de « community manager » par la twittosphère francophone il y a quelques mois. J’ai trouvé cela ridicule car tout le monde est d’accord pour dire que le monde de la communication – et en particulier le monde de la communication digitale – a choisi l’anglais comme langue de référence pour faciliter les échanges. J’en veux pour preuve la dernière édition de LeWeb où la quasi-totalité des interventions se sont faites en anglais. Quand un domaine d’activité se tourne vers une langue – même si cette langue n’est pas la mienne – je pense qu’il est de mon devoir de me soumettre à cette façon de faire si j’ai choisi cette voie professionnelle.
    Je préfère donc ne pas avoir de traduction de « community manager » et me dire que notre merveilleuse langue est portée par nos grands auteurs et propagée par delà nos frontières par d’autres domaines professionnels qui eux utilisent le français partout dans le monde : la cuisine et la danse par exemple…

    Quant au fait de glisser des anglicismes dans le langage français courant, je te rejoins. Je ne souhaite pas que l’anglais remplace le français dans notre vie quotidienne, je dis juste que l’anglais est devenu la langue d’échange usuelle dans certains domaines pro et que dans ces domaines particuliers, il n’y a pas la place pour de la francophonie acharnée.

  3. J’arrive après la bataille, mais je tombe par hasard sur ce billet. Il y a un truc que tu n’as pas l’air de savoir, c’est qu’avant que les community manager ne deviennent courants, voire à la mode. Le terme « animateur de communauté » existait déjà. je l’entendais déjà depuis 4 ou 5 ans dans les milieux web. Ce n’est qu’en 2009 environ, que le métier se précisant, il est devenu has been de le dire en français.

  4. Merci beaucoup pour cette précision ! En relisant ce billet quelques mois après sa publication, je m’aperçois que je l’ai écrit sous le coup de l’agacement. Je ne renie pas mon propos mais je pense que j’aurais pu être plus nuancé ! En tout cas, merci encore de ta participation au blog !

Laisser un commentaire